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En 1922 : tuyau de poêle... En 1923 ? Tranche
de melon ou bien encore tank... Un an plus tard, c'est une goutte d'eau
sculptée par le vent et la vitesse... Automobile ou projectile
? Aérodynamique ou Balistique ? Voiture ou uvre d'art ? Sans
conteste, Ettore Bugatti savait coller à l'ère du temps,
mais aussi s'en détacher, brillament et parfois avec une originalité
déconcertante. D'autant plus déconcertante, qu'il n'était
pas ingénieur, " simplement " un artiste de formation
qui avait vite compris qu'il lui fallait laisser spatules et burins. La
philosophie d'Ettore Bugatti était simple : " Le calcul intervient
peu dans la construction automobile, le dessin est le seul grand maître
".
La Dernière des Bugatti
Il y a des voitures qui n'en sont pas vraiment.
Des voitures qui dépassent la simple fonction de moyen de locomotion.
En perpétrant le mythe Bugatti, l'EB 112 s'apprête à
marquer l'Histoire de la firme. En 1995, lorsque Bugatti est mis en liquidation
judiciaire, la fabrication de l'EB 112 est stoppée net. On pense
alors que cette fabuleuse berline restera malheureusement à l'état
de prototype. C'était sans compter sur le MRT (Monaco Racing Team)
qui, en 1995, rachète la chaîne de montage de l'EB 112, avec
quelques châssis, des châssis qui s'arrachent aujourd'hui
à prix d'or... Superbe. La ligne de cette berline est une réussite
sur tous les plans. Pure et racée. Dans la continuité de
ses aînées. Pour parvenir à ce résultat, le
styliste italien Giorgetto Giugiaro s'est inspiré des berlines
historiques Bugatti, notamment de celles des années 20 et 30. De
ce passé, il a su faire revivre le style Bugatti et préserver
une certaine puissance expressive. D'une longueur d'environ 5 mètres,
l'EB 112 est une vraie quatre places. Giorgetto Giugiaro est cependant
parvenu à créer une impression générale de
légèreté et d'agilité en affinant les extrémités.
L'arrête centrale qui court sur toute la longueur de l'EB 112 à
la manière de l'Atlantic 57S de 1936 accentue cette impression
de finesse. Tout comme le design extérieur, l'habitacle reprend
les thèmes classiques des précédentes berlines :
un élégant aluminium bouchonné et des finitions en
cuir. Côté technique, c'est en quelque sorte le meilleur
pour la fin. Carrosserie en aluminium, transmission intégrale,
moteur de 450 ch et, fait sans précédent, l'EB 112 est dotée
d'un châssis en carbone. Résultat : cette berline est la
plus rapide du monde (+ 300 km/h). De quoi perpétrer le mythe d'Ettore
Bugatti, génial ingénieur captivé par la vitesse
et père de la première Bugatti dans les années 1908-1909.
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