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Jean-Pierre Jarier

Dérapages Contrôlés

Des stars : Robert de Niro, Jean Reno, Jonathan Pryce et Katarina Witt... Une mise en scène signée John Frankenheimer pour un thriller bien huilé, très loin du glamour hollywoodien. Voici tous les ingrédients de " Ronin ", tourné en grande partie sur la Côte d'Azur. Tous ? Pas vraiment. Car rien n'aurait pu se faire sans les cascades et les courses poursuites orchestrées par de vrais " pros " du volant, comme Jean Pierre Jarier, ancien pilote de Formule 1... Entretien avec celui que l'on surnomme " godasses de plomb ".
New Trader : " Ronin " est un film à très gros budget et encore très secret ?
Jean-Pierre Jarier : Oui, c'est vrai, sur le tournage j'ai entendu parler de 90 millions de dollars. C'était un tournage exceptionnel et, effectivement, John Frankenheimer distille ses informations avec parcimonie...
NT : Quelques indiscrétions ?
J-P J : Ronin c'est le nom donné à un Samouraï qui a perdu son Prince... Si celui-ci a été assassiné, il a le devoir de le venger. Mais dans la régle de vie d'un Samoura•, il est strictement interdit de tuer un Prince... Or quand c'est un Prince qui a tué un Prince, c'est un dilemme cruel ! Le Ronin du film erre dans la vie, perdu, car il est condamné à mort pour avoir tué un "seigneur " moderne. En fait, c'est une image pour dire qu'après la guerre froide, beaucoup d'agents secrets se sont retrouvés apatrides, sans maître du fait de la détente. L'histoire, gardée secrète, mêle des agents secrets anglais, français, américains et une terroriste irlandaise.
NT : Quel a été votre " rôle " dans tout ça ?
J-P J : C'est un film qui a nécessité énormément de cascades et de courses poursuites. L'intrigue du film tourne autour d'une mystérieuse mallette ! Les acteurs se battent avec les méthodes de la guerre froide, mais à la fin de celle-ci, en indépendants, en mercenaires avec beaucoup de sauvagerie de violence. C'est un film trés fort, en partie dû au fait que Frankenheimer n'a pas voulu de trop grands trucages pour les cascades ou les poursuites. Tout est très proche de la réalité, la vitesse des voitures n'a pas été accélérée, il n'a pas " bricolé " les prises de vue, très peu de numérique et d'images virtuelles ont été utilisés : C'est du réalisme pur et dur. Ce sont des pilotes de course qui ont été choisis pour la conduite rapide, et des cascadeurs professionnels pour les cascades, tout était minuté... C'était un grand tournage. La hiérarchie était grande entre les comédiens les techniciens, les cascadeurs et les pilotes. Souvent je conduisais à droite de Robert de Niro, avec un autre volant. Cela ne change rien puisque dans nombre de voitures de courses il n'y a qu'une seule place centrale...
NT : La Formule 1 c'est un peu votre vie ?
J-P J : J'ai fait quelque 150 Grand Prix, 12 années de Formule 1 ! J'ai arrêté en 1984. Mes plus beaux podiums je les ai fait à Monaco. Depuis, je cours toujours, je suis 2éme de la Carrera Cup. Je cours également en GT.
NT : Monaco c'est une histoire d'amour professionnelle ?
J-P J : Lorsque j'ai arrêté la Formule 1, j'étais déjà installé à Monaco depuis 1982. Monaco c'était le rêve pour moi... J'aime la mer, la voile, le bateau et c'est la raison number one ! Monaco, au niveau sportif, c'est exceptionnel et c'est en partie grâce au Prince Albert qui adore ça. Et puis c'est le seul endroit au monde où l'on peut regarder un Grand Prix d'une terrasse, non ? Mais, j'y ai aussi ma société, Monaco Media International, que j'ai racheté en 1985. En plein Grand Prix, on tourne à 10 personnes environ... Je fais aussi de la production télé et de la publicité. Mais je n'ai pas laissé de côté mes premières amours : je suis en tête de championnat en GT et 2éme de la Carrera Cup sur une Porsche GT2, un super engin ! J'ai aussi une Agence de gestion de carrière de sportif, des jeunes qui débutent essentiellement dans le sport automobile en F3, c'est ce que je connais le plus.